Le braqueur voulait qu'on appelle la police



Title: Le braqueur voulait qu'on appelle la police
LES DEUX BRAQUEURS pensaient êtres plus tranquilles à la campagne, loin de la banlieue où les patrouilles de police sont bien trop nombreuses à leur goût. Alors, dimanche, ils ont jeté leur dévolu sur le café-tabac de Cerny, un village d'environ 3 000 habitants du sud de l'Essonne. Séduisant sur le papier, le plan a viré au cauchemar pour l'un des deux malfrats. Frappé puis poursuivi par les consommateurs, l'homme, âgé de 30 ans, a fini sa course enlisé dans les marais proches. Dimanche, vers 13 heures, Nanar, Dodo et ses copains boivent l'apéritif, accoudés au comptoir de la Cernoise lorsque deux individus cagoulés, gantés et armés font irruption dans l'établissement. « Ils ont crié : Couchez-vous tous par terre, on veut le pognon », raconte Florence, 61 ans, la patronne. « J'étais tellement en colère que j'ai dit non. Les clients, eux aussi, n'ont pas voulu se laisser faire. Ils sont restés debout et l'un d'eux a même dit aux gangsters que ce n'était pas l'heure de dormir. Alors, l'un des types a attrapé une jeune fille par les cheveux pour la mettre par terre tout en la menaçant avec son arme. Son père, qui était au bar, lui a balancé un saladier en pleine tête et, ensuite, tout le monde s'y est mis. »

Une course-poursuite d'une demi-heure

L'instant d'après, un tabouret arrive à la face du braqueur, qui en perd sa cagoule. « Celui qui avait l'arme a tiré, mais c'était visiblement un pistolet à billes, ajoute Jacqueline, 77 ans, qui était attablée avec sa fille au moment de l'agression. Cela faisait le même bruit qu'un jouet. Là, on a senti qu'ils ont eu peur. Ils se sont précipités vers la porte et les hommes se sont lancés à leur poursuite à pied. » Après une demi-heure de course-poursuite dans les rues désertes, l'un des braqueurs se retrouve enlisé dans le ruisseau qui traverse le village. À bout de forces, il est ramené au bar, manu militari. « Au début, il avait tellement peur qu'il voulait qu'on appelle la police, se souvient Florence. Après, il pleurait et suppliait qu'on le laisse partir. Il disait que c'était la première fois, qu'on l'avait entraîné et qu'il était venu par le train dans la région. » Visage en sang, trempé jusqu'aux os, le jeune homme, un SDF toxicomane, (il a été présenté hier au parquet d'Evry, qui a requis un mandat de dépôt) a été pris en charge par la gendarmerie. Un impressionnant dispositif a été déployé pour retrouver son complice qui court toujours. Quant aux irréductibles clients du café-tabac, ils se sont remis de leurs émotions devant un bon repas offert par la patronne du café.

26/2/02

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